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De novembre 2000 à juin 2003, j'ai vécu au Caire. Cinq foispar semaine, chaque petit matin et sans jamais faillir pendant plusde cinq cents jours, j'ai donné des nouvelles à quatre-vingt-dix-huitamis. Je me levais tôt. J'écrivais à la main. Je tapais sur mon écran.J'envoyais. Sans me retourner, sans me lire ni me relire. Le reste dujour, je me tenais sur le qui-vive, guettant la chose vue, vécue ouentendue, qui serait le «poil de cairote» du lendemain. Je ne savais rien de l'Égypte et je m'y trouvais soudain pour travailler.Je me doutais simplement que c'était un ailleurs fort. Demoi, je savais que j'étais une machine occidentale assez finementréglée et que j'enchaînais sur quatre années passées à San Francisco.On ne pouvait guère rêver changement plus radical, ni surtoutchangement plus radicalement inscrit dans l'Histoire en train de sefaire. Mon attention ne s'est pas portée sur les grands mouvementshistoriques, pas davantage sur le passé de l'Égypte, encore moinssur les mystères fumeux qui enrobent la recherche archéologiquelorsqu'elle prétend racoler le grand public. Tout cela m'a intéressé,mais ce n'est pas ce dont je voulais entretenir mes amis. Je souhaitais,plus banalement, leur donner un regard quotidien surLe Caire, dire ce que je voyais avec mes yeux malhabiles et partisansd'occidental, et le faire avec une régularité de métronome quigarantissait une certaine présence des intermittences du coeur, dessautes d'humeur, des semaines creuses et des jours pleins. Paul Fournel
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Fiction & Cie: Poils de Cairote, Paul Fournel
- Taal
- Jaar van publicatie
- 2004
- Bindwijze
- (Paperback),
- Staat van het boek
- Goed
- Prijs
- € 6,19
Betaalmethoden
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- Titel
- Fiction & Cie: Poils de Cairote
- Taal
- Frans
- Auteurs
- Paul Fournel
- Uitgever
- Seuil
- Jaar van publicatie
- 2004
- Formaat
- Paperback
- Aantal pagina's
- 368
- ISBN10
- 2020580411
- ISBN13
- 9782020580410
- Reeks
- Categorieën
- Aantekening
- De novembre 2000 à juin 2003, j'ai vécu au Caire. Cinq foispar semaine, chaque petit matin et sans jamais faillir pendant plusde cinq cents jours, j'ai donné des nouvelles à quatre-vingt-dix-huitamis. Je me levais tôt. J'écrivais à la main. Je tapais sur mon écran.J'envoyais. Sans me retourner, sans me lire ni me relire. Le reste dujour, je me tenais sur le qui-vive, guettant la chose vue, vécue ouentendue, qui serait le «poil de cairote» du lendemain. Je ne savais rien de l'Égypte et je m'y trouvais soudain pour travailler.Je me doutais simplement que c'était un ailleurs fort. Demoi, je savais que j'étais une machine occidentale assez finementréglée et que j'enchaînais sur quatre années passées à San Francisco.On ne pouvait guère rêver changement plus radical, ni surtoutchangement plus radicalement inscrit dans l'Histoire en train de sefaire. Mon attention ne s'est pas portée sur les grands mouvementshistoriques, pas davantage sur le passé de l'Égypte, encore moinssur les mystères fumeux qui enrobent la recherche archéologiquelorsqu'elle prétend racoler le grand public. Tout cela m'a intéressé,mais ce n'est pas ce dont je voulais entretenir mes amis. Je souhaitais,plus banalement, leur donner un regard quotidien surLe Caire, dire ce que je voyais avec mes yeux malhabiles et partisansd'occidental, et le faire avec une régularité de métronome quigarantissait une certaine présence des intermittences du coeur, dessautes d'humeur, des semaines creuses et des jours pleins. Paul Fournel


